Devons-nous toujours sortir de notre zone de confort ?

Devons-nous toujours sortir de notre zone de confort ?

Je me lève entre 5h et 6h du matin en semaine alors que je suis freelance. De plus en plus de personnes testent les effets de la douche froide. Ryan Holiday écrit tout le temps même quand il n’en a pas envie…
Je suis certaine, vous aussi vous connaissez des gens qui s’imposent des choses et sortent régulièrement de leur zone de confort.

Ce terme est d’ailleurs surutilisé. Il a comme objectif de pousser les gens à aller explorer l’inconnu.
Mais pourquoi autant d’engouement sur cette exploration ? Devons-nous tendre à vivre un maximum dans l’inconfort ?

Ce sujet me tient à cœur depuis très longtemps ! Ayant des soucis d’attention, j’ai souvent dû trouver des astuces pour atteindre mes objectifs. Je connais très bien l’inconfort pour avoir été le chercher de maintes fois.

Qu’on le veuille ou non, dans une vie, nous vivrons des moments moins confortables. Alors est-ce vraiment nécessaire de s’en rajouter ?
Que vont chercher ces gens qui changent de pays, parlent avec des inconnus, vont à la salle de sport alors qu’ils ne sont pas sportifs ?
Ne profitent-ils jamais du bien-être que cela leur apporte ? Et ce confort ? Ne serait-il pas intéressant de l’exploiter lui aussi ?

J’ai réfléchi à cette idée d’exploration de l’inconnu (hors de la zone de confort) et d’exploitation du connu (dans la zone de confort). Cet équilibre à avoir entre les deux qui me semble indispensable !

Tout le monde explore, c’est naturel.

Pendant une grosse partie de notre enfance, nous sommes obligés d’aller très régulièrement vers l’inconnu. Tout est nouveau. Ensuite, plus nous grandissons, plus nous pouvons profiter de ce qui a été découvert et être dans un certain confort.

Mais il ne faut pas se mentir, aller explorer demande de l’effort.

Deux raisons, selon moi, nous mènent vers l’exploration :

  1. Quand nous n’avons plus le choix (une personne qui perd son emploi atteint un inconfort tel qu’il faut faire quelque chose).
    Nos émotions (la colère, la frustration, la tristesse…) nous poussent à l’action.
  2. Quand on a un objectif (perdre du poids).

Je vous avoue que je préfère la deuxième option ! J’essaie d’anticiper un maximum ! Dès que je vois qu’une situation inconfortable est en train de se préparer, je prends mon courage et j’y vais.

Quand on est étudiant, si on ne révise pas régulièrement, la masse de travail devient énorme (pour moi, c’est un échec assuré).

Dans ce cas, tout est question de motivation et donc d’objectif.

En tombant enceinte, ma sœur arrête de fumer. L'enjeu est tellement important (la santé de son enfant) que la motivation est au plus haut.


Notre bien-être physique et mental est lié à notre exploration.

En sortant de notre zone, nous obtenons une récompense.

  • Cette zone s’agrandit
  • Nous sommes plus à l’aise.
  • Nous évoluons
  • Nous progressons dans différents domaines.
  • Une satisfaction apparaît.
En 2009, je pars enseigner le ski 5 mois au Canada. Je ne suis pas à l’aise avec l’anglais, je ne connais personne et ne connais pas l’endroit. Après 5 mois, je me fais quelques amis, je peux avoir des discussions en anglais et j’adore les stations de ski autour de Banff.

Cette récompense peut être si forte que cela crée de la dopamine, cette hormone qui a un rôle dans la motivation. Après une expérience de ce type, malgré les difficultés du début, on a envie de recommencer.

Et tous ces apprentissages, s'ils ne sont pas destructeurs, permettent de se rendre compte du confort que nous avons déjà.

J’aime dormir de temps en temps dans différents logements (tente, hôtel, gîte, van aménagé…). Je suis plus facilement satisfaite que quelqu’un qui à l’habitude des 3 étoiles et qui doit passer une nuit dans un 1 étoile.

Puis, en ce qui me concerne, ces expériences exploratoires sont indispensables pour avoir une vie excitante et pimentée tel un chien qui découvre de nouvelles odeurs.
La routine m’ennuie vite.

  • Rencontrer de nouvelles personnes
  • Découvrir de nouveaux coins
  • Découvrir de nouvelles saveurs
  • Découvrir de nouvelles façons de penser
  • Découvrir de nouvelles cultures

Se familiariser à l’exploration régulière et innover

Plus nous prenons des habitudes d’inconfort, moins il nous paraît difficile. Cela s’explique par l’étude de Philippa Laly qui montre qu’il nous faut en moyenne 66 jours pour qu’une action devienne habitude (donc sans souffrance).

Ce n’est pas difficile pour moi d’aller courir 2X par semaine pendant mon temps de midi. C’est devenu une habitude.
Des personnes habituées à leurs routines paniquent lorsqu’un petit changement leur arrive alors que d’autres peuvent directement passer à l’action.

Cette habitude d’exploration de l’inconnu est quelque chose de naturel chez les créatifs. Ils ont besoin de vivre de nouvelles choses pour avoir de l’inspiration et avoir des choses à raconter.

Cela ne veut pas dire qu’il faut vivre un maximum dans l’inconfort !

Il est nécessaire de profiter de la récompense ! Profiter du confort que l’on acquiert ! Sinon nous risquons de perdre en motivation et de ne plus avoir envie de faire d’effort.

Si je pars en Chine directement après 3 semaines passées au Canada. Tout est à recommencer, je reste en permanence dans la difficulté de l’inconnu. Ce n’est pas le but !

Cet inconfort à ses limites et peut parfois nuire à notre objectif si on exagère !

Certaines personnes travaillent beaucoup, font des grosses journées, travaillent même le Week-End. Les pauses sont quasi inexistantes.
Beaucoup d’études montrent que notre productivité diminue si nous ne nous autorisons pas de pauses régulières.

L'extrême nuit en tout ! Trop d'inconfort peut nuire à notre créativité ou notre santé mentale !
Pour certaines personnes, l’inconnu peut angoisser et mener vers la panique.

Il y a deux ans, une personne de 58 ans alcoolique et parano reste trois semaines dans ma maison…  Cela nuit à mon travail quotidien même si ça permet d’augmenter mon ouverture d’esprit.

Tout est question d’équilibre

Je me lève entre 5h et 6h du matin tous les jours de la semaine, car je sais que ma concentration est la meilleure en début de journée.

Nous explorons l’inconnu volontairement ou non. Cet inconfort apporte constamment quelque chose de positif s’il n’est pas systématique ou s’il ne détruit pas.

Il permet :

  • d’évoluer  ;
  • de réaliser que nous avons déjà un vrai confort  ;
  • d’être plus créatif  ;
  • de mener une vie plus excitante.

Pour que tout cela soit possible, il est nécessaire de profiter de la récompense que ces efforts nous apportent.

Jusqu’à la fin de notre vie, il est intéressant de sortir de notre zone de confort, car elle nous permet paradoxalement de mieux vivre. Mais il y a tout un équilibre à trouver pour que cette exploration soit la plus bénéfique.

Et vous, vous en êtes où ? Sortez-vous suffisamment de votre zone de confort pour évoluer un maximum ? Votre inconfort vous empêche-t-il de vous développer ?